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Carrefour Citoyen 

Comptes rendus des rencontres


   Café-débat du 22-10-08
Le mercredi 22 octobre 2008, nous étions au café citoyen dont le thème était « l’économie solidaire est-elle un projet de société ? ». À nos côtés étaient les invités, Claire LANDAT chargée de mission à EGALITERE, Josette COMBE, consultante Ressources et Développement, Henri AREVALO, élu écologiste à la Mairie de Ramonville et Jean-François GUILBOT, secrétaire de l’ADEPES.
 
Le gouvernement et les syndicats actuels ne proposent pas de réels mouvements d’alternatives économiques. Ainsi, la première alternative (emploi) est fondée par le peuple.
Notons qu’aujourd’hui l’économie solidaire existe en tant qu’opposante à l’économie libérale.
Différents développements d’économies solidaires sont nés ainsi, et dans l’heure qui suivit nous avons parlé des diverses facettes qu’avaient l’ESS et des activités de son secteur :
ð     les CIGALES sont la proposition de la mise en commun d’argent pour financer les jeunes entreprises.
ð     L’IES (inspirée des CIGALES) propose un financement social.
Dans le domaine international, des personnes organisent ce que l’on appelle des forums : Journées ou temps forts permettant d’ouvrir le dialogue entre diverses personnes du monde entier pour créer des alternatives économiques.
ð     La RIPES est un réseau international tentant de coordonner les recherches d’ESS, mais l’économie peut-elle s’appliquer de la même manière à chaque pays et à chaque région ?
 
Il y a un souhait de conception d’une aide aux pays émergeants ne les rendant pas dépendants.
 
L’économie Solidaire et Sociale est une prise de conscience mondiale ; dès l’après-guerre une économie alternative a été souhaitée à celle proposée lors des trente glorieuses.
 
Une question importante se pose dans ce domaine : la redistribution des richesses. L’idée est l’invention d’un revenu minimum ET maximum, bonne idée…mais combien au juste ? Qu’aura celui qui travaille par rapport à celui qui ne travaille pas ?... Les salaires de la société française d’aujourd’hui doivent certainement être revisités mais comment et surtout par qui pour qu’il y ait une justice ? Cette idée reste à creuser…
 
Il y a une volonté de la qualité du produit, de la relocalisation des emplois.
ð     Projet de création d’emploi non délocalisable.
 
L’économie sociale prend forme vers 1970. C’est une lutte sociale et politique visant le rapprochement du producteur et de l’acheteur.
 
ð     Les AMAP en sont le parfait exemple et la mobilisation des personnes qui s’engagent permet le développement de vies (ex : démarrage de jeunes agriculteurs), mais ces modes de vies doivent s’adapter différemment selon les villes et les régions qui n’ont pas toujours les mêmes manques et besoins.
 
C’est une lutte sociale pour une économie sociale et contre la discrimination aussi.
 
L’économie sociale et solidaire est une innovation sociale et politique visant la réinsertion de l’économie dans la politique, le social et l’écologique, traduisant aussi le désir de sortir du superflu, le désir aussi d’avoir une empreinte écologique : Vérifier que notre activité n’altère pas la vie de la Terre, le désir du pratique et du moins cher.
ð     La création de crèches parentales est un des produits de cette économie.
ð     Les mutuelles sont un autre produit de cette économie, moyen plus important pour faire avancer ce projet. Les fonds solidaires ont aussi le bénéfice de rassurer les gens. Mais attention à la gestion hasardeuse engendrant la faillite (la CAMIF, par exemple) car la mise en commun d’argent pour les entreprises souhaitant répondre à des besoins, il faut que ce soit rentable et viable.
 
L’économie solidaire se veut un projet de société, il faut donc passer par la politique, par le politique pour s’adresser à toute une société et peut-être moins politiser ce mouvement venant de gauche dans une société aussi de droite (la France a tout de même élu son président).
 
À la question « l’économie solidaire est-elle un projet de société ? » l’avis semble optimiste. Nous avons décrit lors de cette soirée comment nous pouvions faire avancer ce projet : à chacun son rythme, du quotidien aux actions collectives aux actions politiques (à travers les élus).
 
Nous avons terminé ce débat ici, mais quelques questions subsistent auxquelles il serait intéressant de réfléchir :
Pourquoi n’avoir qu’une économie et ne pas faire exister l’économie solidaire et l’économie libérale en complémentarité ?
L’idée d’un équilibre de systèmes d’économie différents apportant chacun de leur bon est-elle si mauvaise ?
 
Mélanie BRISARD, 13 ans


   Café-débat du 17/09/08
"L'hispanité toulousaine"

 Près de 25 personnes sont réunies en cette soirée du 17 septembre pour échanger autour de "l'hispanité à Toulouse". Parmi elles, on ne compte aucun habitué... La moyenne d'âge n'est pas des plus basses comparer aux autres séances ;  la jeunesse se résume à 2 ou 3 étudiantes de l'université du Mirail dont une est en mobilité Erasmus en Espagne. Pourtant, il sera souvent question d'elle lorsque des participants évoquent leurs souvenirs d'enfants de républicains espagnols et se questionnent sur la transmission des valeurs et de l'histoire portées ou vécues par ces combattants pour une Espagne démocratique.
Il faut dire que le film de Neus Viala "Passer la frontière" a ouvert l'interrogation à travers des interview d'artistes, même si d'aucuns y ont au contraire perçu une trop grande discrétion sur le sujet. Mais la réalisatrice précisera qu'elle aime à se laisser guider au gré de la spontanéité des personnes rencontrées, des interactions qu'elle a avec elles, sans chercher à infléchir leurs propos.
Toutefois, le silence dont sera entourée cette histoire dans les familles interroge. Comme toutes les histoires collectives difficiles, dire les choses vécues s'apparenterait à les revivre une seconde fois: cela peut vraiment être insupportable, cela d'autant plus que la mémoire se rembrunit et les prises de position avec. Le silence serait-il bienfaisant, alors que la douleur couve et que l'on pleure en silence? On a entendu des "mes parents n'en parlaient pas, mais on voyait bien qu'ils en souffraient..."  A-t-on jamais eu plaisir à évoquer les supplices endurés, les assassinats des camarades, les pertes de toute sorte?
Force est de constater que l'hispanité toulousaine est irrémédiablement marquée par l'histoire des républicains, allant même jusqu'à occulter "les autres passages de frontière" comme l'immigration des années 60: celle dite économique. Elle est "autre" entend-on dire parfois à mot couvert! Il y a ici tout un débat pour une autre soirée semble-t-il.
Finalement, on en vient plus facilement à parler des mobilités étudiantes dnas le cadre des programmes européens, auxquelles Neus a laissé bonne place dans son film. On y découvre qu'elles ne sont pas toujours heureuses dans un quotidien miné par le mal du pays. Pour ces étudiants-là, même si en finale, ils disent être enrichis et gagnants (double diplôme, découverte et vécu d'une autre culture...), la différence voire le choc culturel, ils connaissent: "Toulouse n'est pas une ville espagnole"... C'est pour eux une ville du Nord de l'Europe... pas assez chaleureuse de prime abord! Mais, au fil du temps, ils y rencontrent des gens qui parlent espagnol et même descendants d'espagnols, et finissent par y trouver des affinités.
D'où un participant dira que l'hispanité due à des vagues successives d'espagnols réfugés, immigrés...  a bien laissé des traces, mais des traces aujourd'hui "diluées".  L'adjectif ne conviendra pas à tous, car pour nombre de participants la vie politique, culturelle et artistique intenses du temps des réfugés a fortement imprégné le contexte local.  Des modes culturels espagnols font désormais partie de l'être toulousain. Regardez le flamenco, ses couleurs, ses rythmes, ses créations... dont se réapproprient les jeunes de notre région aujourd'hui. De toutes les façons la ville rose a toujours fait partie de cette grande zone d'influence ibérique ou simplement hispanique. Les jeunes de différentes époques en seraient donc plus ou moins porteurs, quand même ils ignoreraient que l'avènement de la démocratie en Espagne, est dans une certaine mesure la victoire des réfugés, leurs grands-parents peut-être. En fait, la reconnaissance des aînés passe aussi par leur regard.
 

 



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