Lutter contre les discriminations à l’emploi : Comprendre-Prévenir- Agir. Voilà un vaste programme que nous propose le Centre de Ressources Politique de la Ville en Essonne lors de cette journée d’information et de réflexion. Programme vaste et ambitieux ! La lutte contre les discriminations, basées sur le concept de race, sur le nom, ou encore sur l’appartenance à un territoire, n’est vraiment devenue une priorité politique en France qu’à la fin des années 1990. C’est dire notre retard en ce domaine si nous comparons notre prise de conscience avec les actions menées par les autres membres de la Communauté européenne, nos homologues européens, notamment la Belgique ou le Royaume-Uni. Pourquoi nous a-t-il fallu tant de temps ? Il est difficile de répondre précisément à cette question sauf à envisager une des réponses possibles. Pour agir contre les discriminations, et plus précisément contre les discriminations basées sur le concept de race, il a fallu RECONNAÎTRE qu’elles existaient ! Cette reconnaissance n’était et n’est pas aussi simple à penser dans ce pays dont les piliers et principes fondateurs sont l’égalité et la fraternité. Ce pays qui par ailleurs énonce le principe de neutralité de la République ce qui entraîne automatiquement une absence de différenciation de traitement. Même si ces principes ont donné lieu à un important arsenal juridique, force est de constater que la lutte contre les discriminations, présente dans notre droit français, ne l’est pas dans les faits ! L’Europe a été un moteur et a permis que se mette en place une vraie politique de lutte contre les discriminations, non seulement dans le champ de l’emploi à savoir l’accès à l’embauche, au travail ou à la formation, mais également dans les domaines du logement, de l’éducation ou des loisirs. En France, pourrons-nous rester plus longtemps « les bras croisés » devant une réalité qui produit souffrance, sentiment d’injustice, désespoir et relégation de certaines couches de la population, notamment de ceux qui du fait de leur histoire sont arrivés il y a une cinquantaine d’années sur notre territoire, de ceux-là mais aussi de leurs enfants ? Aurions-nous oublié qu’ils ont largement contribué à l’économie des Trente Glorieuses alors que nous manquions de main-d’oeuvre et que notre taux de natalité était le plus bas d’Europe? Les jeunes français que l’on désigne comme « issus de l’immigration » sont les premiers concernés ; les femmes le sont également, ainsi que les habitants des quartiers d’habitat social. Ceux-là vivent et subissent des situations qui se basent sur le rejet de l’autre du fait de sa couleur ou de son nom ou encore de son adresse ; ces faits sont autant de freins à l’intégration. Ce colloque vise à nous aider à comprendre ce que sont les discriminations, les mécanismes à l’oeuvre, la complexité et le déni qui les caractérisent. Ainsi pourrons-nous prévenir et, de façon volontariste, agir concrètement afin de lutter efficacement contre ce phénomène qui provoque le désespoir des personnes discriminées et interpelle notre démocratie. À ce titre, le département de l’Essonne est un département exemplaire. De nombreuses communautés étrangères s’y sont installées depuis de nombreuses années. Les enfants nés de ces familles sont pour beaucoup français. Et, s’ils sont intégrés, ils n’en sont pas moins discriminés pour certains d’entre eux. Il faut agir, par la mise en place d’un ou de plans locaux de lutte contre les discriminations, comme l’avait préconisé Lionel Jospin dès 2001. Il faut agir par des actions de sensibilisation et d’information auprès de tous ceux qui sont susceptibles d’intervenir dans ce domaine. Le département de l’Essonne doit contribuer à la lutte contre toute forme l’exclusion, les discriminations en étant une des formes les plus révoltantes. C’est pourquoi le Centre de Ressources Politique de la Ville en Essonne que je préside depuis sa création a déjà largement engagé la réflexion autour de cette question au moyen d’une formation-action qui a rassemblé durant huit sessions de formation quinze professionnels issus du champ de l’emploi, de la politique de la Ville et du milieu associatif. J’espère que cette journée d’information et de réflexion nous apportera les éléments nécessaires à cette démarche. » Gérald HÉRAULT Président du Centre de Ressources Politique de la Ville en Essonne , vice-président du conseil général de l’Essonne, chargé de la politique de la Ville et du logement http://ressourcespolville.maisondebanlieue.asso.fr
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